La plupart des voyageurs arrivent sur Nosy Be en pensant surtout aux plages. Elles existent, bien sûr. Eau chaude, pirogues tirées directement sur le sable, et couchers de soleil qui vident lentement les bars et restaurants vers le rivage chaque soir. Mais après quelques jours, l’île commence à ressembler moins à une carte postale tropicale parfaite et davantage à un mélange de villages de pêcheurs, de vieux bâtiments coloniaux, de plantations parfumées et de petites îles dispersées au large.
Il y a du mouvement partout. Les cargos près de Hell‑Ville, aujourd’hui surtout appelée Andoany. Les scooters qui croisent les pousse‑pousses. L’odeur du poisson grillé mêlée à celle de l’ylang‑ylang quand l’humidité monte en fin de journée.
L’île reste vivante au‑delà du tourisme – et c’est probablement pour cela que beaucoup finissent par rester plus longtemps que prévu.
La plupart des voyageurs séjournent autour d’Ambatoloaka, Madirokely ou plus au nord vers Andilana. Ambatoloaka reste plus animée le soir avec ses bars et restaurants de plage. Andilana paraît plus calme et possède probablement l’une des plus belles plages de l’île principale.
Mais ce qui rend vraiment Nosy Be spécial se trouve surtout au large.
Brève histoire
Bien avant le tourisme, Nosy Be occupait déjà une place importante sur la côte nord‑ouest de Madagascar. L’île portait autrefois le nom de Nosy Manitra, l’« île parfumée », et faisait partie des royaumes sakalava qui contrôlaient les routes commerciales du canal du Mozambique.
Les traditions sakalava restent très présentes aujourd’hui, notamment autour des fady, les interdits liés aux lieux sacrés. Certaines cérémonies de tromba continuent d’être pratiquées dans plusieurs villages.
Les Français prennent officiellement possession de l’île en 1841 et développent de grandes plantations de sucre, café, cacao, vanille et surtout d’ylang‑ylang, dont les fleurs deviennent essentielles à l’industrie du parfum. Le surnom « île aux parfums » date de cette époque, et certaines soirées humides permettent encore de comprendre immédiatement pourquoi.
D’anciennes maisons coloniales subsistent à l’intérieur de l’île, parfois à moitié recouvertes par la végétation tropicale. Même Hell‑Ville garde encore des traces visibles de cette période.
Après l’indépendance de Madagascar en 1960, le tourisme remplace progressivement l’agriculture comme activité principale. Malgré cela, Nosy Be conserve encore quelque chose d’assez brut. Coupures d’électricité, routes inondées après les pluies et restaurants sans poisson parce que les bateaux ne sont pas rentrés.
Personne ne semble vraiment stressé pour autant.
Quand partir
D’avril à novembre reste généralement la meilleure période pour visiter Nosy Be. Temps plus sec, mer plus calme et meilleures conditions pour le snorkeling et la plongée sous‑marine.
Entre juin et septembre, les baleines à bosse migrent dans le canal du Mozambique.
Entre septembre et décembre, les eaux autour de Nosy Be deviennent l’un des meilleurs endroits de Madagascar pour observer les requins‑baleines.
Incontournables
Nosy Komba reste l’excursion classique depuis Nosy Be, avec ses lémuriens noirs, ses villages et ses sentiers abrupts.
À proximité, Nosy Tanikely est célèbre pour ses récifs coralliens, son eau claire et son excellent snorkeling avec poissons tropicaux et tortues marines.
La Réserve de Lokobe protège le dernier fragment de forêt primaire de Nosy Be. Chaleur humide, boue et guides capables de repérer des caméléons invisibles pour tout le monde.
Plus loin, Nosy Iranja est probablement l’endroit le plus photographié de Madagascar grâce à son immense banc de sable blanc visible à marée basse.
Pour les voyageurs cherchant plus de calme, Nosy Sakatia et l’archipel de Nosy Mitsio offrent une ambiance plus tranquille et une excellente plongée sous‑marine.
Sur l’île principale, le coucher de soleil depuis le Mont Passot reste un classique.
